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Le splitboard expliqué

Pendant des années, les snowboarders qui voulaient accéder à la haute montagne et aux pentes vierges hors-domaine n'avaient qu'une option : chausser des raquettes et transporter leur planche sur le dos. Épuisant, lent et peu pratique. L'invention du splitboard a changé cette équation. La planche se sépare en deux demi-skis pour la montée, équipés de peaux de phoque, et se rassemble en snowboard complet pour la descente. C'est l'outil qui a ouvert le backcountry aux riders aussi efficacement que les skis de randonnée l'avaient fait pour les skieurs.

Comment fonctionne un splitboard

Le splitboard est un snowboard standard dont la forme, la largeur et les caractéristiques mécaniques sont spécifiquement conçues pour se diviser en deux panneaux. La ligne de séparation court longitudinalement au centre de la planche. Des clips spéciaux verrouillent les deux panneaux ensemble en mode descente et les séparent en mode montée.

Les fixations sont équipées d'un système de bascule : en mode montée, elles permettent au talon de se soulever librement, comme des fixations de randonnée à ski, et s'orientent dans l'axe de la montée. Des peaux adhésives — identiques à celles utilisées en ski de randonnée — s'appliquent sur la semelle de chaque panneau. Les poils de la peau glissent vers l'avant et s'accrochent vers l'arrière, permettant de monter sans reculer.

En haut de la montée, la transition prend trois à cinq minutes pour un rider entraîné. Les peaux sont retirées et rangées, les panneaux réassemblés et verrouillés, les fixations basculées en mode descente. La planche redevient un snowboard fonctionnel avec ses fixations dans la position habituelle.

Le matériel spécifique

Les principales marques proposant des splitboards complets incluent Lib Tech, Jones, Salomon, Nitro et Burton — cette dernière ayant popularisé le concept avec son Channel System, qui simplifie le repositionnement des fixations lors de la transition. Les planches de randonnée de la marque japonaise Gentemstick sont également réputées dans le milieu du splitboard expert.

Les fixations de splitboard sont plus complexes et plus lourdes que les fixations standard. Les marques spécialisées comme Spark R&D, Karakoram et Salomon Shift proposent des systèmes alliant légèreté et fiabilité en conditions froides. Le poids total d'un setup splitboard complet — planche, fixations, peaux — est généralement de 3 à 4 kg, contre 1,5 à 2 kg pour un setup de ski de randonnée comparable en performance. Cette différence de poids est la principale concession que les splitboarders font par rapport aux skieurs de randonnée.

Les bâtons télescopiques, identiques à ceux utilisés en ski de randonnée, complètent l'équipement. Ils apportent stabilité et poussée en montée, et se rangent dans un sac à dos pour la descente.

Technique de montée

La montée en splitboard suit les mêmes principes qu'en ski de randonnée. Le bassin reste bas, les épaules détendues, le poids centré sur chaque panneau lors du transfer de poids. Sur terrain plat ou légèrement incliné, la foulée glissée est naturelle. Sur les pentes raides, des talonnières montées sur les fixations soulèvent le talon et réduisent la tension du mollet, permettant de monter des pentes de 30 à 35 degrés sans fatigue excessive.

La différence principale par rapport au ski de randonnée vient de l'orientation des pieds. En splitboard regular, le pied avant est orienté vers la gauche et le pied arrière vers la droite — les angles de montage des fixations se retrouvent sur les panneaux. Sur terrain penché latéralement, cette orientation peut créer une légère asymétrie dans la répartition du poids. Les riders expérimentés compensent intuitivement, mais les débutants doivent y prêter attention.

En zigzag sur pente raide, les virages d'about-face demandent de la pratique. Les riders réguliers doivent inverser régulièrement leurs appuis lors des changements de direction, ce qui n'existe pas en ski de randonnée.

La sécurité en haute montagne

L'accès au backcountry en splitboard implique les mêmes règles de sécurité qu'en ski de randonnée ou en ski de montagne. Le matériel de sécurité avalanche — DVA (détecteur de victimes d'avalanche), sonde et pelle — est impératif et non négociable. L'ARVA doit être porté sur soi en mode émission pendant toute la durée de l'excursion.

La lecture du bulletin de risque d'avalanche quotidien, la connaissance des techniques de recherche et de sauvetage, et l'évaluation du terrain en temps réel sont des compétences qui s'acquièrent progressivement. De nombreux splitboarders débutent avec un encadrement professionnel — guide de haute montagne ou accompagnateur en montagne — avant de partir en autonomie.

Des itinéraires bien fléchis existent en France dans les Alpes et les Pyrénées. Des destinations classiques pour le splitboard incluent la Vallée Blanche à Chamonix, les pentes autour de Verbier en Suisse, et le secteur de La Grave dans les Hautes-Alpes, réputé pour son accès direct à des pentes raides sur le massif de la Meije.

Splitboard versus raquettes avec board sur le dos

La comparaison s'impose souvent pour les snowboarders débutants en randonnée. Les raquettes restent utiles en terrain très plat ou en sous-bois dense où les panneaux de splitboard n'apportent pas d'avantage de glisse. Mais dès que le terrain est incliné et que les distances sont significatives, le splitboard est beaucoup plus efficace et plus rapide.

Un aller-retour typique — montée de 1 000 mètres de dénivelé sur pente régulière — prend deux à trois heures en splitboard contre quatre à cinq heures en raquettes avec la planche sur le dos. Sur une journée complète, cette différence se traduit par un ou deux itinéraires supplémentaires.

La communauté splitboard a considérablement grandi depuis les années 2010. Des forums comme Splitboard.com, des événements spécialisés comme le Splitfest organisé dans les Alpes, et des compétitions de backcountry riding dans le cadre du Freeride World Tour ont mis cette pratique sous le feu des projecteurs.

Entretien et stockage

Les peaux doivent être soigneusement séchées et rangées après chaque sortie. Une peau humide stockée pliée perd son adhérence colle-à-colle et se détériore rapidement. Le fart du splitboard se réalise comme celui d'un snowboard standard, avec une attention particulière aux carres qui s'usent plus vite à cause du mode montée sur cailloux ou neige dure.

Les clips de séparation doivent être vérifiés régulièrement. Un clip défaillant en montée est un problème gérable ; en descente, à haute vitesse sur terrain difficile, il peut devenir dangereux.

Explorez la carte des domaines et du backcountry pour identifier les zones de splitboard accessibles près des stations que vous connaissez.

Le splitboard représente une philosophie de la montagne — accéder aux espaces vierges par ses propres forces, sans remontées mécaniques, et descendre sur une neige que personne n'a encore touchée. C'est une récompense que les riders qui ont fait cet investissement ne reviendraient pas échanger contre la facilité d'un domaine balisé.